47° 50' 20" N - 061° 09' 00" O, Les Îles-de-la-Madeleine Rochers aux Oiseaux, Grosse-Île, sur le Yvon Robert, homardier de Germain Cyr.
Golfe Saint-Laurent, le lundi 17 juin 1996,
photo 960616/24.
Jacques Cartier (1491-1557),
carte postale, Éditeur J.-P. Garneau, Québec.
En plein cœur du golfe du Saint-Laurent, à une trentaine de kilomètres au
nord-est des îles de la Madeleine, émergent les rochers aux Oiseaux que
Jacques Cartier a dénommés Isles de Margaulx, le 25 juin 1534, en raison des
myriades de fous de Bassan -- margaulx --, de pingouins communs et de grands
pingouins -- godes et apponats aujourd'hui disparus -- qui s'y trouvaient.
Les rochers aux Oiseaux comprennent le rocher aux Oiseaux et le rocher aux Margaulx. Le
premier, de 300 m de longueur sur 150 m de largeur et haut de 30 m, forme une
espèce de citadelle de grès rouge pratiquement inaccessible mais habité par
des milliers d'oiseaux et un phare désormais automatisé. Le second, reprenant
l'appellation de Cartier, à 1,3 km au nord-ouest, identifie en fait trois
petites cayes. On ne sait pas trop à quel moment le spécifique Oiseaux a pris
le pas sur l'appellation de Cartier, mais déjà, en 1919, le frère
Marie-Victorin utilise ce nom lors de son passage aux rochers. Par ailleurs
une carte topographique récente (1955) les désigne par Bird Rocks. Depuis
1974, le Service canadien de la faune en a fait un refuge d'oiseaux
migrateurs.
L'île Brion, d'une superficie de 7 km², s'étend sur une longueur de 8 km
dans la partie la plus septentrionale des îles de la Madeleine. Son contour
est irrégulier, bordé de falaises dont certaines atteignent 60 m d'altitude;
les navigateurs redoublent de vigilance aux abords de cet écueil redouté de
tout temps. L'île a été acquise par voie d'expropriation en 1987 par le
ministère de l'Environnement du Québec qui y créa une réserve écologique.
L'objectif est de conserver intégralement le seul site des îles de la
Madeleine représentatif de toute la diversité écologique de l'archipel, à
l'exception du contexte lagunaire.
L'île Brion, inhabitée et peu perturbée, renferme, notamment, une
faune aviaire de 141 espèces (le pluvier siffleur, menacé d'extinction,
pourrait y nicher) et c'est la seule île de l'archipel qui ait conservé sa
forêt primitive de conifères.
Lors de son passage sur l'île en 1534, Jacques
Cartier y érige sa deuxième croix et la baptise « ille de Bryon », en
l'honneur de son patron et principal bailleur de fonds de l'expédition,
Philippe de Chabot (vers 1492-1543), sieur de Brion, gouverneur de Bourgogne,
amiral de France. On attribue à ce dernier l'idée de la colonisation au
Canada.
Bibliographie :
Noms et lieux du Québec :
si chaque lieu m'était conté (Cédérom multimédia).
Commission de toponymie du Québec. Les Publications du Québec, Micro-Intel 1997.